Echos

 

Dieu ou pas face à… un bon verre

 

Une taverne ouverte aux croyants comme aux incroyants

 

Jeudi dernier, laTaverne du Brasseur de Morlanwelz accueillait son sixième café tologique. La Nouvelle Gazette y était.

 

 

 

D'entrée, Claude Ghiot, un des membres de l'équipe organisatrice, rappelle à la vingtaine, de participants, a philosophiedu Café Théologique: ce n'est ni un débat agressif ni une conférencedoctrinaire, ni un prêche, ni .une leçon, ni un sermon. C'est l’occasion, à propos d'un thème proposé, dans un endroit neutre, de s'exprimer sur un ton courtois, de dialoguer et d’écouter d'autres personnes, dans le respect de celles-ci et de leur opinion.

     Tous ne sont pas nécessairement d'accord avec l’expression de chacun et l’écoute est la marque de l’empathie que nous manifestons à l’égard d’autrui.

Une véritable leçon de vie au moment où notre pays traverse à nouveau des moments difficiles.

     Le thème du jour est «Croyance ou incroyance sont-elles basées sur des certitudes ? »

    Quelle est la part de mes convictions, de ma raison et de mon affectivité ?

     Pour participer à ce café, nulbesoin d'être savant' ou  théologien. Il suffit 'de respecter le thème et de procéder à des échanges de vue à partir de son opinion personnelle, sans argument d’autorité.

     Effectivement, bien qu’organisée par la paroisse catholique locale, le café est ouvert à toutes les sensibilités. Autour d’un bon verre de bière (d’abbaye, ou non ...), plusieurs sensibilités échangent leurs points de vue dans la bonne humeur.
     Aujourd'hui, nous échangerons avec des chrétiens, catholiques ou protestants, laïcs ou engagés dans l'apostolat et des athées se réjouit Claude Ghiot. Nous avons déjà accueilli, des orthodoxes et même un bouddhiste. Nous garantissons l'anonymat des personnes qui participent à nos débats (Ce qui explique l'absence de photos des participants au Café, ndlr).

   Comme au football, la soirée est divisée en trois mi-temps. La mise enjeu des deux premières consiste en la lecture de citations liées au thème du jour.

   Aujourd'hui, un extrait du livre du prix Nobel de littérature polonais Czeslaw Milocz, sur la croyance et l'incroyance. Après une pause, une pensée de Pascal,divisant l'humanité en trois catégories selon leur degré de croyance relance le débat.

   Les interventions sont aussi riches que nombreuses (voir le florilège). La soirée se termine par une troisième mi-temps où chacun continue le débat, en toute amitié. ((

 

ERIC WARTE

     La Nouvelle Gazette – édition Centre, lundi 26 avril 2010

 

 

 

 

 

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FLORILEGE

 

 

 

La certitude de la croyance en question

 

 

 

> C'est sur son lit de mort  qu'on peut savoir et le croyant a sans doute la certitude rassurante qu'il

 

  existe quelque chose après.

 

> Des gens vivent sans se poser les questions fondamentales. Pourquoi je vis?  D'où je viens?
... Les incroyants ont du courage pour continuer à vivre ainsi en n'ayant pas trouvé de sens à leur

 

vie. Ils doivent vivre malheureux, comme des zombis, désespérés, tranquilles et silencieux.

 

> On peut vivre heureux sans croire car la vie en elle-même suffit: la joie de vivre existe, même

 

en dehors de tout sens.

 

> La croyance peut être une réponse à une angoisse. Mais la rencontre avec le Christ est différente

 

 de l'angoisse; elle est du domaine du cœur. 
> La foi est du domaine de l'amour. Les amoureux ne se posent. pas 36 questions. Le mot raison

 

 n'entre pas dans les croyances. Croire est un besoin de l'homme comme ultime ressource. Quand

 

 les besoins primaires sont satisfaits, l'homme peut s'occuper des besoins de l'esprit.

 

,   > Croire en Dieu est impossible à expliquer scientifiquement.

 

Ce café théologique est du luxe. Les besoins primaires sont de manger, se vêtir, avoir une famille.

 

 

 

 

 

 

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ILS S’EXPRIMENT

 

 

 

L’AVIS DE QUELQUES PARTICIPANTS

 

 

 

Venus de tous les horizons, les participants ont réellement pris plaisir à écouter les opinions

des uns et des autres. Tous avaient le sentiment que ces occasions d'échange profond' étaient

 beaucoup trop rares dans notre société…
> Maria, bénévole en paroisse
"L’approfondissement de certaines questions est un besoin pour moi. Je suis toujours en

recherche. Déjà petite, je me posais beaucoup de questions sur la foi. Je n'acceptais pas

l'idée de la méchanceté des punitions de Dieu comme nous l'apprenait le catéchisme.

J’alimente me foi en allant vers l'autre. Cela nourrit un petit feu intérieur qui me donne la

sérénité'.

 

> Jacques, athée            

"J’aime bien les croyants. Je viens ici par sympathie, dans le but de discuter. Je suis curieux de

Voir comment les croyants abordent aujourd’hui certains sujets qui, à une autre époque,faisaient

honte dans la manière dont ils les traitaient".

 

> Henri, croyant            .

"J'ai été formé à I‘Institut Saint-Joseph à une époque où on distinguait les fils d'ouvrier ou de

docteur. J’ai aussi été enfant de cœur. J’ai même manqué rentrer au séminaire de

Bonne-Esperance. Tout ce1a m'est resté. Maïs je mets des nuances à mon fond de foi.

Ce que nous partageons ici devrait servir de base de réflexion à la hiérarchie de l'Église.

 A travers nos discussions, j'espère que la pastorale évolue pour un meilleur service à la

communauté".

 

. > Frère Marc, père jésuite

'J’aime beaucoup ce genre de réunion. Les gens se parlent et s'écoutent. C'est un lieu de 

dialogue recherché par ceux qui ont quelque chose à dire et qui ne trouvent pas d'auditoire

dans les assemblées culturelles habituelles ". cc

 

                                                                                           ERIC WARTE                                                                                                       ERIC WARTE

 

La Nouvelle Gazette – édition Centre, lundi 26 avril 2010

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Ce 17 janvier,

16e rencontre au

« Café pluriconvictionnel »

à Morlanwelz

A nous tous qui sommes invités à entrer en synode, je voudrais, plutôt que de faire un compte-rendu de la séance, présenter un exemple de fonctionnement de réunion qui mérite d’être souligné. J’étais donc à Morlanwelz au Café – déjà connu sous le nom de " Café théologique" – mais qui vient d’être rebaptisé « Café pluriconvictionnel » avec un nouveau logo. Il se définit toujours comme « Café théologique, spirituel, humaniste,… » On peut sans doute lire dans sa nouvelle appellation le soulignement mis sur l’accueil souhaité de tout public.

Le 17 janvier se tenait donc la 16e rencontre sur le thème : « Etre et avoir : comment combiner ces deux dimensions de notre vie ? »

Habituée, comme beaucoup d’entre nous, à assister à des réunions où l’on perd souvent temps et énergie, j’ai été très agréablement surprise par ceci :

  • Un accueil réduit à sa plus simple expression : à l’entrée, on ne demande rien d’autre que d’inscrire son nom et son adresse mail. Discrétion absolue ! on prend place dans un cercle qui s’agrandit au fur et à mesure des arrivées. Le déroulement de la soirée montrera qu’il n’est pas nécessaire d’avoir déjà participé pour s’intégrer au groupe (ce soir 29 personnes).
  • La manière dont le président gère le groupe :
  1. Une présentation « nourrissante » de quelques minutes sur un sujet que les participants ont eu le temps de préparer (ils ont reçu au préalable le sujet du thème proposé).
  2. L’horaire est strictement respecté, ceci grâce à la ponctualité observée par les participants. Il comprend trois temps : une heure d’échange sur le sujet (sans aucun bavardage). Ainsi, le seul aparté relevé durant les deux heures de la réunion est immédiatement interrompu.
    Une pause de 15 minutes est suivie de 40 minutes de commentaires sur une pensée lue par l’animateur. Il s’agit cette fois d’une pensée de V. Havel qui s’inscrit dans la continuité du premier échange. Elle concerne le sens de la vie.
  3. Une 3e phase offre à ceux qui le désirent la possibilité d’exprimer l’une ou l’autre opposition à ce qui a été formulé durant la soirée.
  4. Celui qui désire s’exprimer demande la parole et est invité à le faire à son tour, tous les autres écoutent sans polémiquer.
  • La présence massive des participants masculins et celle très discrète des femmes.
  • Dernier point : tout cela se déroule paisiblement autour d’un verre de bière ou d’un jus de fruits. Une demande de PAF adressée à la fin, est laissée à l’appréciation de chacun.

La réunion se clôture par l’annonce de quelques informations, notamment l’énoncé du prochain sujet. Il sera ainsi introduit avec la distribution d’un petit texte : « Il faut être digne de la vie» (B. Vergely).

« Dans l’univers, quel est le rôle de l’être humain ? »

Le mardi 13 mars 2012 à 20h00, à la taverne du Brasseur, quai de la Haine 1, Morlanwelz.

Le thème du 10 mai : « Suis-je responsable de mon prochain ? », après quoi d’autres rencontres

sont prévues le mardi 25 septembre et le mardi 20 novembre.

 

Ont été précédemment abordés une quinzaine de  thèmes parmi lesquels :

  • « Comment se rencontrer au niveau spirituel, sans partager les mêmes convictions philosophiques ? »
  • « Les religions sont-elles facteurs de violences ? »
  • « Les dogmes sont-ils dangereux ? »

En conclusion, je me demande s’il existe beaucoup d’initiatives qui permettent à des gens curieux, d’origine diverses de pouvoir se rencontrer ainsi dans une telle liberté et un tel respect ? Je souhaite à cette initiative de faire des "jeunes". Elle répond probablement au besoin spirituel de pas mal de gens dans notre monde déshumanisé et en pleine crise, de se rencontrer sans prosélytisme, dans un pur besoin de mieux se comprendre et de rendre ainsi notre terre un peu plus fraternelle.

Claudine EL FOULY

Centre-Info 4 Temps N° 82 – février, mars, avril 2012

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Echo du café pluriconvictionnel du 7 mai 2013

 

Le dernier café pluriconvictionnel s’est tenu le 7 mai 2013 à 20heures à la Taverne des brasseurs à Morlanwelz.

Les nombreux participants enthousiastes ont, comme d’habitude et dans le respect de chacun, réfléchi au thème du jour qui posait la question : les convictions font-elles bon ménage avec l’esprit critique ?

Les premiers échanges se sont portés sur la définition que chacun donnait au terme « conviction ». Certains voyaient dans l’origine latine du mot le combat dont il fallait sortir vainqueur pour emporter la certitude de détenir la vérité. D’autres faisaient référence à la notion d’intime conviction du juge et des jurés. Cette mission confiée sous la Révolution au peuple devenu souverain fait appel à la raison et à la conscience du jury populaire sans imposer un mode de preuve particulier. Il a été précisé que cette intime conviction n’apportait pas nécessairement la « certitude » qui, selon d’aucun, n’est souvent qu’une disposition d’esprit face au sujet traité et pouvant être remise en cause en cas d’éléments nouveaux. Les tenants de la défense des droits de l’homme y ont trouvé trop d’imperfections pour que le système soit totalement fiable.

Un distinguo a été fait entre « conviction » et « certitude », en passant par les différentes sortes de « convictions » d’ordre social, philosophique, religieux, politiques, scientifique …et le doute qui habite en chacun d’entre nous.

En guise de conclusion provisoire, il est apparu que les « convictions », soumises à « l’esprit critique », évoluent avec le temps, de « vérités » en « vérités » successives. Les « convictions » nous aident à atteindre nos objectifs et sont le moteur de nos actions. Le doute quant à lui ne peut être prétexte à l’inaction.

Je termine ce compte-rendu en citant Anatole France : « C’est la certitude qu’ils tiennent la vérité qui rend les hommes cruels ».

Henri Van Wayenberg

 

 

 

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                                                                          CINQ ANS DÉJÀ …

 

Le premier café « pluriconvictionnel » a commencé le 17 février 2009, il y a 5 ans. Depuis, malgré les doutes de certains – dont je fais partie – sur les chances de succès et de longévité de ce genre d’activité, il y a déjà eu 28 rencontres, toujours au même endroit : la Taverne du Brasseur, sise au quai de la Haine, n°1, à Morlanwelz. Nous y sommes accueillis par une dame très sympathique, Renée, la tenancière du café. Au gré des rencontres (5 par an), nous avons appris à nous connaître et à nous apprécier. La modération de ces rencontres est assumée depuis le début par Claude Ghiot, de main de maître. La ponctualité est toujours respectée, aussi bien pour commencer que pour terminer. La rencontre comporte trois parties : la première, d’une heure environ, suivie d’une pause d’un quart d’heure, et une 2e mi-temps, un peu plus courte. Après commence ce que nous avons l’habitude d’appeler la « 3e mi-temps », qui permet à ceux qui désirent rentrer chez eux de le faire, et aux autres de continuer d’une façon informelle parce que le sujet les intéresse, ou que l’opinion de l’un ou de l’autre les a interpellés.

 

Ces échanges ont le mérite de nous faire connaître mutuellement… et aussi sont empreints d’un grand respect de l’opinion de l’autre. On s’écoute ; on ne veut pas convaincre, ni faire dominer sa position, on ne s’agresse pas. Il y a à la fois une grande liberté de parole et une grande écoute mutuelle.

 

Bien sûr, nous en restons à un échange d’idées. Certains en sont satisfaits ; d’autres voudraient qu’on aille plus loin. Qu’on se questionne mutuellement, plus en profondeur, sur nos raisons de vivre et d’espérer, que les échanges soient moins dirigés, qu’un débat puisse éventuellement surgir, débat qui, s’il risque parfois de dévier, permet aussi à la passion et à la fougue de s’exprimer. Et ainsi de nous conduire peut-être plus loin, jusqu’aux convictions ou aux motivations profondes de chacun.

 

Quoi qu’il en soit du pour et du contre, une équipe se réunit après chaque « café P. » pour évaluer, réfléchir à la manière dont la rencontre s’est déroulée et comment on pourrait le faire à l’avenir, quels sujets seraient susceptibles d’un débat, etc.

 

Je vous y invite. Vous êtes tous les bienvenu(e)s. Le prochain café P aura lieu le 23 septembre 2014 à 19h30 (jusqu’à 21h30)…

 

M.C.